Autisme & Asperger : mode d'emploi (VO st FR)


Uploaded by piliplouf on 19.01.2010

Transcript:
A l’âge de deux ans, Taylor Morris a été diagnostiquée autiste.
Aujourd’hui à l’âge de dix sept ans, c’est une étudiante hors pair, une athlète et aussi une artiste.
« Hey, je m’appelle Taylor Morris et j’aimerais vous remercier de prendre le temps de regarder cette vidéo que je partage pour
que les amis de personnes autistes puissent mieux comprendre la vie d’une personne autiste ou d’une Asperger.
C’était comment l’autisme quand vous étiez petite?
« C’était en quelque sorte la sensation d’être piégée parce qu’on a du m’enseigner
la plupart des capacités qui sont acquises naturellement chez les autres enfants.
Les compétences sociales, la communication, tout ce qui devrait venir naturellement ne sont pas naturelles
pour une personne comme moi. On a du me les enseigner.
Et à l’époque, jusqu’à ce que ces communications me soient apprises,
j’étais comme prise au piège. Personne ne pouvait communiquer avec moi je ne pouvais communiquer avec personne.
Vous savez, je ne pouvais m’exprimer d’aucune manière parce qu’on ne m’avait pas appris à le faire.
Je n’avais pas compris l’interêt que pouvait représenter la communication.
Le souvenir le plus précis que j’ai de cette époque était pendant une session de thérapie.
Je ne me souviens pas de la session en particulier mais plutôt du déroulement de celle-ci.
Il y avait une balançoire et je m’étais beaucoup amusée. C’était tellement étonnant pour moi, la chose la plus cool
que je découvrais à l’âge de deux ans. Etre sur cette balançoire qui partait dans tous les sens était génial.
Et je me souviens que les thérapeutes m’ont arrêté. Ils voulaient que j’utilise le langage des signes pour redemander à en faire.
Ils avaient compris que je m’étais bien amusé et avait aimé ce jeu et donc l’utilisaient pour me faire communiquer, comme un renforcateur.
A l’époque je n’avais bien sûr rien compris. Tout ce dont je me souviens,
c’est d’avoir pensé que ce jeu est drôle, ils m’empêchent d’y jouer, ils attendent
quelque chose de moi que je ne peux pas leur donner, je ne peux pas le faire. »
A quel point êtes-vous différente aujourd'hui ?
" Je reste différente dans le sens où j'ai mon propre monde comme la plupart des personnes autistes.
Cet autre monde dont la plupart des gens neurotypiques n'ont aucun concept.
Je comprend la plupart des propos des gens mais pour moi, une explication qui peut parraître évidente pour les autres, peut être totalement déroutante!
Ainsi, j'ai des amis, je les aime et ils m'aiment beaucoup mais encore beaucoup de gens se trouvent
déroutés face à moi, ils voient que je suis différente et parfois ça les repousse.
Mais ça me repousse d'eux aussi évidemment. A mes yeux je suis normale et ce sont les autres qui sont bizarres.
Je souffre d'hypersensibilité tactile, particulièrement avec le polaire. Je peux porter du polaire mais je ne peux le toucher avec la paume de mes mains.
Je ne sais pas pourquoi mais mon cerveau ne me le permet pas, cela me fait mal. Je dois saisir un habit avec le dos de mes doigts
( pas par le pouce car il y est sensible aussi) pour lire l'étiquette dedans et voir si il y a du polaire.
Alors je sais si je peux toucher cette matière avec mes mains ou pas. Donc il y a des choses comme cela sur lesquelles je dois travailler.
J'ai aussi du mal avec certains sons, et en particulier les bruits soudains.
Je ne sais pas pourquoi mais les personnes autistes s'accordent mal avec les bruits soudains.
En particulier des bruits tels que toutes sortes d'alarmes auxquelles on ne s'attend pas et qui me font peur.
Le son heurte mes oreilles qui ne sont pas préparées à ces bruits.
J'ai aussi un problème avec les associations son et images.
Lorsque j'étais petite, je jouais à un jeu d'aventure dans lequel il fallait passer d'un côté à l'autre du continent américain.
Durant le jeu les personnages mourraient et lorsque cela arrivait il y avait une musique de violon qui passait.
A chaque fois que cela arrivait cela me rendait trop folle, cela me faisait peur et mal aux oreilles aussi…
même si le son en soi était supportable. Mais pour moi les émotions liées à ce son rendaient cet évènement insupportable.
Comment et quand te "retranches-tu" dans ton autre monde ?
Ah… mon univers ! La grande Déconnection !
Je pense que la plupart des personnes autistes accèdent à leur monde grâce à leurs actions répétitives.
Vous savez, les gens se demandent pourquoi ils font ça, en fait c'est pour se maintenir dans leur univers.
Bien sûr, je ne peux pas parler au nom de tous les autistes, mais c'est vrai en ce qui me concerne en tout cas.
La manière dont moi je m'y prends c'est que j'essaye de faire mes mes mouvements répétitifs
au travers de quelque chose qui semble normal pour les autres.
En utilisant un moyen qui ne va pas paraître trop étrange aux autres parce que j'ai appris à le canaliser.
En l'occurrence chez moi c'est la marche et la manière de marche.
Il n'y a rien de mal et ce n'est pas socialement inapte de marcher, donc je vais marcher, marcher beaucoup d'ailleurs parfois.
Il m'arrive de parcourir jusqu'à 5 km par jour, rien que chez moi, en marchant.
Et faire cette action répétitive m'aide à mettre en marche mon esprit autiste et je peux alors me déconnecter de ce monde.
Tu fais de l'athlétisme... est ce que les sensations ressenties sont les mêmes que celles que te procure ton "évasion" dans ton autre monde?
C'est un autre état que celui que les personnes qui aiment le sport éprouvent.
Si vous posez la question à un coureur… huum il dira qu'il se sent dans un état particulier.
Une sensation d'indépendance le gagne quand il court, la sensation de gagner en vitalité, de mieux se connaître.
Mais ce n'est pas la même chose qui se passe lorsqu'une personne autiste se déconnecte
car la personne qui court continue à opérer avec ce monde tandis que la personne autiste n'y est plus connectée. C'est notre propre monde que nous pénétrons.
Qu'aimeriez-vous dire aux parents ?
Je dirai que la meilleure chose à faire pour vous en tant que parents
c'est de continuer à trouver de nouvelles manières de communiquer avec vos enfants.
Si quelque chose ne marche pas n'insistez pas, changez votre approche sinon vous n'arriverez à rien.
Ce n'est pas une question d'âge c'est une question d'état d'esprit,
savoir leur apporter les connaissances nécessaires pour qu'ils puissent communiquer à la façon des "neurotypiques".
Sachez quand même que votre enfant à une conscience et que même s'il ne se comporte
pas exactement comme vous le souhaiteriez, il ne cherche pas à vous faire du mal.
Je dirai que… il vous faut comprendre que la plupart du temps ces enfants se sentent désespérés.
Ils ne parviennent pas à communiquer. Vous savez, ils se sentent piégés.
Je pense que les personnes autistes ont des capacités étonnantes dans certains domaines, plus que la plupart des gens.
Les autistes ont des talents particuliers.
Nous pouvons être des citoyens productifs du moment que nous avons une prise en charge précoce et adaptée.
Si c'est causé par un soucis alimentaire, changez d'alimentation ! La pire chose que des parents puissent faire quand leurs enfants sont jeunes
et qu'ils ne savent pas si leur enfant est autiste ou pas… c'est de nier qu'il puisse l'être.
Je réalise bien que je ne représente pas la majorité des personnes autistes
et qu'il y a beaucoup beaucoup de cas qui semblent sans espoirs.
Et j'aimerai seulement vous dire qu'il y a de l'espoir, et ce dans tous les cas.
Je sais comment ma mère se sentait lorsque j'étais plus jeune, lorsque je n'étais pas verbale,
lorsque j'allais droit vers la défaite, lorsque je ne regardais pas les gens dans les yeux et je pense que…
vous savez… il faut garder l'espoir, essayer tous les moyens possibles et inimaginables!
Une fois que vous serez parvenus à atteindre cette zone de communication
je crois que cela aura l'effet d'un circuit de dominos.
Vous savez, quand vous ouvrez une porte sur la communication pour eux,
ous leur fournissez l'espoir qu'ils vont pouvoir continuer d'essayer de se connecter à ce monde
et finalement avec de plus en plus de succès à le faire.
Alors ce que je dis c'est qu'il y a énormément d'espoir, ne perdez jamais cet espoir.
Qu'aimez-vous à propos de votre vie à ce jour ?
Ce que j'aime à propos de ma vie, j'adore dire que je suis une personne
qui a du succès et ce bien que je ne fasse pas parti de la norme. J'adore l'idée d'être un peu différente.
J'adore le fait de pouvoir participer à la vie en société et pouvoir faire les choses que la plupart des gens font.
Et cependant, je garde une vision et une approche particulière aux choses,
et cela m'amuse beaucoup.
Je ressens encore parfois de la peine bien sûr quand certaines personnes
ne comprennent pas ma façon d'aborder les choses et m'offensent,
ainsi que quand accidentellement, je les offense en retour.
Mais au long terme, je trouve que c'est génial et intéressant d'être différent!
Traductions : www.cocoonforneurodiversity.org